Temps de discernement et de cheminement

Durant toutes ces années, j’ai trouvé que le noviciat est une période de discernement, où des jeunes sont à la recherche de leur chemin et se sentent appelés à la vie religieuse oblate. C’est un moment de l’initiation qui implique de les faire grandir dans leur relation avec Dieu et avec leurs frères. C’est également un temps pour creuser dans la vie des novices le goût d’avoir un attachement spécial à Dieu et au Christ.

J’ai aussi expérimenté le noviciat comme un temps favorable pour vivre le recul par rapport à leur vie antérieure et par rapport aux distractions. Le but est d’entrer pleinement dans le temps du désert et du silence intérieur, pour mieux écouter ce qui se passe en eux : leurs états d’âme, s’ils sont heureux ou malheureux. Les novices ont le temps d’écouter ce qui se passe en eux… s’ils sont en consolation ou en désolation, ce que Dieu leur dit. Le noviciat est pour moi aussi un temps d’écoute intense de la Parole de Dieu à travers les oraisons, le journal, tout ce qui amène les novices à pouvoir lire la main de Dieu à l’œuvre dans leur vie de tous les jours et parvenir à dire leurs résistances, à surmonter leurs peurs et à accueillir une conversation, un dialogue avec Dieu, à écouter ce qu’Il a à leur dire.

C’est un temps spécial où les novices reçoivent les moyens pour prier. On doit toujours leur proposer les moyens de rencontrer Dieu. Par rapport à cette idée, j’aimais beaucoup utiliser la métaphore suivante : le noviciat est un temps où les novices dès le début commencent par désactiver les anciens boutons qu’ils ont utilisés durant leur vie antérieure, afin d’activer les nouveaux et vrais boutons de la vie religieuse, pour toute leur vie.

C’est un temps où les novices ont la chance de pouvoir contempler d’autres personnes qui ont eu un chemin spirituel selon une spiritualité précise.  Je pense à nos saints oblats et aux bienheureux, ainsi qu’aux autres qui nous ont précédés – ou qui vivent encore – et dont nous sommes invités à imiter l’exemple pour mieux avancer. L’expérience montre que cela rejoint les novices dans leur histoire, dans leur vie ; et cela renvoie à soi-même afin de voir sa propre histoire et ses désirs, afin de nommer ses difficultés, ses combats et résistances.

Durant l’initiation, il faut faire place à l’organisation d’une suite de tâches à accomplir : prévoir un temps pour le travail personnel et communautaire, des temps de repos, de détente, des temps de prière personnelle et communautaire, des temps de vie communautaire, des temps consacrés à la mission envers les pauvres ou encore à la vie intellectuelle… C’est important pour l’initiation, car si le cadre n’est pas là, les novices ne peuvent pas acquérir une certaine liberté intérieure et les fruits du noviciat. J’ai toujours été souple mais je ne les laissais pas faire n’importe quoi n’importe quand. Sinon les novices risquent de sombrer dans des illusions, de fausses libertés où ils pourraient faire à chaque instant tout ce qui leur passe par la tête, même si parfois cela comporte de bonnes intentions. Autrement dit, si le maître des novices n’est pas assez ferme, l’expérience ne pourra peut-être pas se faire.

Le noviciat n’est pas un aboutissement, mais il met en route un cheminement, au cours duquel des difficultés peuvent survenir, par la suite. La formation doit donc se continuer après le noviciat.

Vincent UKOMA, OMI
Ngaoundéré

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